Un vrai caméléon !

En France, on doit la première tenue de camouflage militaire à… un peintre ! En effet, au tout début de la Grande Guerre, Louis Guingot met au point une veste camouflée "Léopard". Le but d’un tel habillement ? Casser la forme de la silhouette de son porteur, pour éviter qu'il ne soit repéré au premier coup d’œil.


Si l’État-Major* refuse d’abord cette tenue, l’idée du camouflage fait son chemin.

À gauche : Jean-Baptiste Eugène Corbin, Combinaison à cagoule en toile camouflée,

1914, coton et métal, Musée de l'Armée, Paris / © Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais / Pascal Segrette


À droite : Jean-Baptiste Eugène Corbin, Vareuse en toile camouflée,

XXe siècle, coton, laine, métal et peinture, Musée de l'Armée, Paris / © Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais / Pascal Segrette


Dès 1915, des artistes sont réquisitionnés pour dissimuler les armements. Ils s'inspirent de la manière de décomposer les formes inventées par les peintres cubistes. Une situation qui ne manque pas d’ironie lorsqu’on sait que le cubisme était surnommé "peinture boche" ! Ses principaux collectionneurs d'avant-guerre étaient en effet allemands...

Jean Courboulin, Artistes de la section de camouflage

(dont Jean-Louis Forain à gauche),

entre 1914 et 1915, épreuve argentique, 6,5 x 4,2 cm, Musée de l'Armée, Paris / © Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais / Pascal Segrette / photo © DR

Durant la Première Guerre mondiale, des artistes peintres sont chargés de dessiner les camouflages.